Tripler le nombre de caméras de vidéo surveillance d’ici 2011, tel est l’objectif du gouvernement.
L’on comprend ainsi mieux pourquoi le maire de Pélissanne a mis la charrue avant les bœufs en faisant approuver à l’unanimité les demandes de subventions pour l’installation de ce matériel sur notre commune.
On va nous dire qu’il y avait des dates à respecter pour ces demandes de fonds, mais la mise en place d’un tel dispositif était-elle une priorité absolue, ne pouvait-on pas attendre une année au cours de laquelle des débats avec la population pouvaient être organisés ?
On nous dit qu’il y a une « forte demande » pour ces équipements. Qui est en mesure d’apporter une confirmation non contestable ? Seule une consultation populaire peut apporter une réponse à cette question, seul un référendum peut légitimer sans contestation possible ce choix, eu égard à son efficacité et aux conséquences qui en découlent.
Depuis 15 ans toutes les études britanniques (la Grande Bretagne est le pays qui détient le record en équipements de vidéo surveillance) disent la même chose. La vidéo surveillance n’a aucun effet sur les délits et crimes les plus graves, notamment sur les agressions et violences aux personnes.
Aucune étude sérieuse n’a jamais été menée en France sur l’efficacité de la vidéo surveillance.
Le rapport fourni en 2009 par le Ministère de l’Intérieur semblait justifier la vidéo surveillance, mais il ne prouve rien car il mesure l’impact des caméras sur la délinquance générale enregistrée, et cela recouvre un tas de délits comme la violence familiale, l’usage des chèques volés ou les infractions économiques sur lesquels la vidéo n’a aucun effet. De plus le rapport qui compare les villes équipées avec celles qui ne le sont pas, ne tient pas compte de variables tels que l’évolution de l’éclairage et des effectifs de police ou encore un changement de leur mode d’action.
La Provence du 25 mars a publié une double page sur le sujet et notamment une interview de François FREYNET, conseil en sécurité, qui a installé des centaines de caméras.
F.F. : « il est plus facile pour une collectivité de voter sur un budget d’investissement que de dégager des crédits de fonctionnement. Or il faut des effectifs, 1 agent peut regarder 8 écrans pendant 2 heures, au-delà il n’y voit plus rien. Sur chaque site surveillé il faut être capable de réagir ; une véritable organisation policière capable de se déplacer, de superviser, de sécuriser, de débriefer est nécessaire. Cela à l’air simple au premier abord, ce n’est pas le cas. »
Lors du Conseil Municipal du 23, le maire a dit : « les cameras fonctionneront jour et nuit, mais la visualisation ne se fera que le jour ». « Avec la Barben, Salon, et Lançon et nous envisageons la création d’un organisme intercommunal, afin de partager les charges, car c'est un investissement, cela aboutira dans 2 ou 3 ans ». Un organisme intercommunal ? Aussi efficace que Syndicat Intercommunal à Vocation Unique, créé début 2007 et chargé de réaliser et de gérer l’accueil des gens du voyage ?
Faire tourner les caméras la nuit et visualiser les images le lendemain est d’aucune efficacité.
Les délinquants qui comme l’a dit notre maire dans son EDITO, se sont améliorés, ont nul doute, déjà trouvé la parade pour ne pas être identifiés le lendemain de leurs méfaits.
Il faut également savoir qu’un amendement à la loi LOPPSI, proposé par Brice HORTEFEUX prévoit de donner aux préfectures le pouvoir d’ordonner la réalisation d’études de sécurité sur les besoins des communes en matière de vidéo protection lorsque les conseils municipaux rejettent de telles études, et si l’étude conclut à la nécessité d’installer des caméras, la préfecture pourra les faire installer de force contre l’avis des élus locaux ! Et bien sûr c’est la commune qui paiera la facture !
C’est tellement plus simple de réduire les effectifs de la fonction publique, de remplacer les gendarmes et policiers par des caméras à la CHARGE DES COMMUNES !
C’est sans doute, ce que le Président de la République appelle (parmi d’autres) les REFORMES INDISPENSABLES !
La vidéo protection, nouvelle appellation de la vidéo surveillance, c’est aussi un marché juteux les grandes entreprises qui contrôlent le « marché » !
Et lorsque l’on connaît le pouvoir des lobbies sur les « politiques »…..
P.S. : M. Montécot a également dit que : « à Velaux, depuis l’installation de caméras la délinquance a baissé de 30 % ».
Il serait intéressant d’avoir, sauf s’il s’agit d’informations couvertes par le « secret défense », l’état 4001 (états des faits constatés par la police et la gendarmerie) pour les années 2007, 2008 et 2009, pour Velaux mais également pour notre commune, ce qui permettra, en tenant compte des infractions, sur lesquelles la vidéo surveillance n’a pas d’effets, des études comparatives d’année en année.
Il serait également intéressant d’avoir pour ces mêmes années, l’état des « mains courantes », pour notre commune, car celles-ci n’entrent pas dans l’état 4001.
Le compte rendu du Conseil du 23 mars vient d’être mis en ligne (site de la mairie en liens), vous pourrez juger des réponses pirouettes apportées par le maire aux 2 questions écrites d’un Seul Objectif Pélissanne !
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